Yi Quan

Histoire

Les racines du Yi Quan

Au cours des siècles, l’art du Kung Fu se perpétue et c’est seulement a u milieu du 19ième siècle qu’Il se modifie sous l’impulsion du Kuo Yun Seng.

Kyo Yun Seng était surnommé «la Paume Divine» et il fût le plus grand expert de son époque en Xing Yi Quan (la boxe de l’unité du corps et de la pensée). Il insiste sur les postures et simplifie la forme des Tao Lu, puis transmet son art à Wang Xian Zhai, son disciple préféré.

Histoire de Maître Wang Xian Zhai, créateur du Yi Quan

1885 : Maître Wang Xian Zhai naît en 1885 dans la province du Hebei. À la fin du 19ième siècle, en Chine, il avait observé que la société chinoise changeait. Le profit, base d’un mode de production moderne, révolutionnait les rapports entre les hommes. Les arts martiaux, composantes de cette même société, avaient eux aussi tendance à perdre leur essence. La pratique des mouvements rapides, donc mal maîtrisés, l’exagération de l’importance de la force musculaire et le durcissement à outrance du corps, souvent dans un but démonstratif, caractérisaient la majorité des pratiquants. Il décida alors de revenir aux sources du Kung Fu, au temps où l’on savait maîtriser «les mouvements de l’immobilité», immobilité qui est la «mère» de tout mouvement.

1913 : Il fût engagé comme instructeur à l’armée.

1918 : Il parcourt la Chine du Nord au Sud, il observe et apprend l’essence d’autres styles qui comportent des techniques de poings et de jambes. Il fait aussi un séjour au monastère de Shaolin où il s’entraîne notamment avec le bonze supérieur, expert en Xing Yi Quan. Cette étude l’aide à découvrir ce qu’Il cherche : la maîtrise de la rapidité et de la force par la concentration, la détente et le mouvement lent, rétablissant ainsi un véritable retour aux sources de l’art. Au 12ième siècle en effet, la pratique du Kung Fu passait par la mobilisation de la pensée, la maîtrise de la posture et du mouvement lent, pour atteindre la force explosive. La méthode utilisée se nommait Zhan Zhuang, qui signifie «rester debout tel un arbre ou un pieu». Les deux experts se retrouvent parfaitement dans leur recherche mutuelle. Ils mettent en commun leurs techniques pour compléter leurs travaux.

1925 : Maître Wang Xian Zhai déclare que «les pratiquants en général négligent l’importance de la pensée dans le mouvement». Il crée le Yi Quan dans lequel on retrouve le travail linéaire du Xing Yi, les déplacements circulaires du Ba Gua, le principe du «coller et suivre» du Tai Chi et l’essentiel d’autres styles tels que l’essence de l’école de Shaolin, etc. Il prône un art martial servant la santé tout en s’avérant une méthode de combat efficace. C’était une nouvelle façon de considérer les arts martiaux à cause de l’absence d eformes (Tao Lu), le plus important étant la concentration de l’esprit, la volonté.

1940 : Les collègues de Maître Wang à Pékin reconnaissent la valeur de son art et lui donnent le nom de Da Cheng Quan. Le terme Da Cheng signifie grande réussite, accomplissement, perfection. Da Cheng Quan signifie donc le grand accomplissement de l’harmonie du corps et de l’esprit. Quelques temps plus tard, Maître Wang, toujours modeste et conscient qu’on arrivce jamais au grand accomplissement, revient définitivement au nom de Yi Quan. À partir du début des années cinquante, il enseigne dans différents institus médicaux le Zhan Zhuang Gong (position du pieu ou position d’enracinement).

1963 : Maître Wang Xian Zhai meurt à Tianjin.

 

La pensée du créateur du Yi Quan

«Les grands mouvements ne sont pas aussi efficaces que les petis mouvements. Les petits mouvements ne sont pas aussi efficaces que l’immobilité. L’immobilité est la mère du mouvement éternel

La succession de Maître Wang Xian Zhai : Maître Yao Zong Xun (1917-1985)

Les meilleurs élèves de Maître Wang ont été Zhao Dao Xin, installé à Tianjin où il a créé sa propre méthode et n’a pratiquement pas laissé d’élèves, You Peng Xi, de Shanghai, qui a fait de même et celui qui fut son successeur Yao Zong Xun de Pékin.

Jusqu’en 1985, année de la mort de Maître Yao Zong xun, tout le monde, y compris la fille de Wang Xian Zhai, qui le relate dans son livre, reconnaissent comme successeur de Wang le Maître Yao Zong Xun. C’est ce dernier qui a pérennisé l’école Yi Quan en étant à la fois le plus doué et le plus loyal des trois.

Très jeune, Yao Zong Xun commence l’étude avec Wang Xian Zhai qui le considère comme son fils. En 1940, Wang le nomme son successeur et lui donne le surnom Ji Xiang (le successeur de Xian) et lui offre symboliquement un costume de démonstration. Depuis ce jour, Yao Zong Xung remplace Wang quand celui-ci est absent, relève les défis et enseigne.

Yao Zong Xun était un expert d’un esprit très ouvert ; il connaissait les techniques des autres écoles, aussi il a toujours pris le meilleur de chaque styles pour l’inclure dans la pratique du Yi Quan. Il disait à ses élèves : «Apprenez le Yi Quan ; si vous possédez d’autres techniques valables, gardez-les, mais appliquez-les à travers les principes du Yi Quan». Il a aussi enseigné à ses élèves la totalité de son savoir sans mysticisme ni superstition.

Maître Yao Zong Xun est mort en 1985, laissant derrière lui ses deux fils et de bons élèves.

Le Yi Quan aujourd’hui

Différentes écoles fleurissent notamment dans la région de Pékin. Au Japon, le Yi Quan est connu apr les pratiquants de Tai Ki Ken, mis au point par Maître Kenichi Sawai, qui a eu comme professeur Wang Xiang Zhai, mais fut principalement instruit par Yao Zong Xun.

Pratique

La pratique du Yi Quan se divise en 7 parties :

  1. Zhan Zhuang (posture statique)
    1. Exercices santé-relaxation-détente (debout, assis et couché)
    2. Jian Shen Zhuang (position santé)(Chengbao Zhuang)
    3. Ji Ji Zhuang (position martial)(Hunyun Zhuang)
  2. Shi Li (position dynamique et coordination)
  3. Moca Bu (position de déplacement)
  4. Shi Sheng (travail des sons)
  5. Fa Li (travail de l’énergie explosive)
  6. Tui Shou (travail de la sensibilité des mains)
  7. San Shou-Shi Zuo (combat et applications)