Philosophie

La philosophie chinoise

Dès l’année 3369 av. J.-C., la Chine possédait, dans le Livre des Transformations (Y-king) attribué à Fo Hi, un essai de philosophie empreint d’idées cosmogoniques et physiques, et qui offre quelque analogie avec la doctrine pythagoricienne, tant par la prédominance du principe binaire, que par les oppositions qui le manifestent dans ses transformations successives : pair et impair, ciel et terre, mâle et femelle, père et fils, etc. Au XIIe siècle avant notre ère, Wan-Way et Tchéou-Koung développèrent cette doctrine. II faut, après avoir signalé cette première tentative, descendre au VIe siècle av. J.-C. et aux philosophes Lao-Tse, et Khoung-fou-Tseu(dont nous avons fait Confucius). Lao-Tse est l’auteur du Livre de la raison suprême et de la vertu. Le Tao ou la Raison suprême a deux modes, le spirituel et le matériel. Sa nature parfaite est la nature spirituelle; l’humain en est émané, et c’est en elle qu’il doit s’efforcer de retourner eu se dégageant des liens du corps. II en est de même du monde matériel : Les formes matérielles de la grande puissance créatrice, dit le texte chinois, ne sont que les émanations du Tao. Le Tao a produit un; un a produit deux; deux ont produit trois; trois ont produit tous les êtres. La doctrine de Lao-Tse est une morale d’épurement par le dégagement des choses matérielles, morale ascétique et mystique, tempérée par l’Amour de l’humanité.

L’école de Lao-Tse porte le nom d’École du Tao; celle de Confucius est connue sous le nom d’École des Lettrés; elle remplit la période du Ve au IIe siècle av. J.-C., et compte un grand nombre de sectateurs, entre autres Mencius (Meng-Tseu) et ses disciples. Ce n’est pas une école de métaphysique. Confucius discourait plus volontiers de la morale des devoirs, des principes d’un bon gouvernement , que de la nature et de l’origine des choses. Sur ce dernier point; il s’en rapportait à la doctrine des auteurs et des commentateurs du Livre des Transformations. Dans cette doctrine, le Ciel donne et retire aux rois leur puissance; de lui viennent tonte félicité, toute adversité, toute loi et toute existence. Le Ciel possède la toute puissance, la bonté, la justice, en un mot tous les attributs de la Divinité.

Ainsi, la philosophie de Confucius est positivement spiritualiste. En morale, il part de cette vérité, que l’humain a reçu du Ciel, en même temps que la vie physique, un principe de vie morale, qu’il doit utiliser et développer pour arriver à la perfection, conformément au modèle céleste ou divin. Par conséquent, ce principe est de la même nature que la raison céleste. Aussi la morale de Confucius est-elle une des plus pures qui aient jamais été enseignées, et – a-t-on pu dire – une des plus conformes à leur nature. Confucius a proclamé, le premier de tous les philosophes de l’Antiquité, que le perfectionnement de soi-même était le principe fondamental de toute véritable doctrine morale et politique, la base de la conduite de tout homme qui veut accomplir sa destinée, laquelle est la loi du devoir.

Ses disciples professèrent les mêmes doctrines en leur donnant plus de développement: ainsi on trouve dans Mencius, une dissertation, où il soutient que dans l’humain le principe moral est naturellement porté au bien; s’il fait le mal, c’est qu’il y aura été poussé par l’influence des passions, influence qu’il ne regarde pas comme fatale; son système, et les exemples dont il l’appuie, impliquent le libre-arbitre de l’humain. Avec Mencius, les plus célèbres philosophes de l’école des lettrés furent Thseng-Tseu et Tseu-sse, disciples de Confucius et Sun-Tseu, qui vivait environ 220 ans av. J.-C.

Une troisième période philosophique date de la fin du Xe siècle ap. J.-C. Le but des chefs de la nouvelle école, Tchéou-Lien-ki, les deux Tching-Tseu et Tchou-hi, fut de développer et de compléter l’ancienne doctrine, d’en combler es lacunes mises à découvert par les controverses qu’avait suscitées l’introduction du bouddhisme en Chine dans le Ier siècle de l’ère chrétienne. Tchéou-Lien-ki reprit dans les Appendices du Livre des Transformations, l’idée d’un principe premier qu’il appelle le grand faîte, intérieur au temps et à l’espace mais qui, en se déterminant dans le temps et dans l’espace, constitue d’une part le principe actif et incorporel, de l’autre le principe passif et matériel. Agissant l’un sur l’autre, ils engendrent à leur tour les cinq éléments, le feu, l’eau, la terre, Ie bois; et le métal.

Ainsi, la métaphysique, écarte dans l’école des lettrés au profit des idées morales, reprend sa place dans la philosophie de la nouvelle école, et c’est encore une métaphysique panthéiste ; l’humain est en petit l’image du monde. Il est formé de l’union du principe matériel et d’une intelligence de la même nature que l’intelligence universelle qui porte, en tant que cause efficiente, le nom de Li. La mort est la séparation de ces deux substances : quand elle a lieu, le principe intelligent retourne au ciel et perd sa personnalité; le principe matériel est rendu à la terre. En partant de là, les philosophies de la nouvelle école donnent des règles de conduite morale dans lesquelles ils s’attachent à rappeler sans cesse le parallélisme de la nature humaine et de la nature universelle.

Tao Te King

Le Livre de la voie et de la vertu

Concepts Taoïstes

Le Wing Chun est basé sur la philosophie Taoïste, et de nombreux concepts taoïstes occupent une place centrale dans le Wing Chun. Ainsi, il est tout à fait judicieux et intéressant d’apprendre à se familiariser à ces concepts pour pouvoir progresser et s’améliorer dans cet art martial.

D’ailleurs, n’appelle-t-on pas les formes (les séries de mouvements enchaînés dans le vide) des Taos ?

Pour un non-pratiquant, le Taoïsme peut apporter beaucoup. Les concepts de vide, de non-action, de non-conscience, etc. peuvent aussi avoir un impact très positif sur la vie personnelle de tout un chacun, pratiquant de Wing Chun ou non.

Brève présentation

Le Tao Te King est le Livre fondateur de la philosophie Taoïste. Les principaux schèmes de cette façon de penser y sont expliqués et « définis » dans ce Livre.

Le premier livre parle du Tao (ou Dao), que l’on pourrait traduire par Voie ou chemin en français, mais qui serait tellement réducteur.

Le second livre parle davantage de la Vertu (Te ou De en chinois romanisé), au sens de la vertu morale.

Ce sont aussi des principes de base du Tai Chi Chuan, et des autres formes de Tai Chi quelque soit la forme.

Ce sont tous des principes de base tel qu’enseignés depuis 15 ans à:

L’Académie Wudang de Québec